Flash recule, le web avance

À chaque sortie d’un nouveau produit Apple, c’est l’occasion de découvrir une nouvelle section du site, véritable trésor de design et de développement. Des animations simples et terriblement efficaces, le tout sans la moindre once de Flash…
La page de présentation de l’iPhone 4S en est encore le parfait exemple, à l’instar de la présentation de la Smart Cover.

Steve Jobs l’avait annoncé prétentieusement et prématurément il y a quelques années :* “Flash est mort”. Sans être aussi catégorique, il est vrai que Flash a au moins repris la place qui était la sienne : servir des contenus multimédia.

Adobe, à la traîne

La remise en cause du monopole de Flash, lancée par Apple avec ses appareils sous iOS, a offert à Adobe l’opportunité de de pencher sur l’un de ses produits phares pour en faire un outil efficace et prêt à être intégré dans des appareils mobiles.
Les équipes ont travaillé d’arrache-pied pour livrer des versions optimisées, mais jamais assez pour se voir ouvrir les portes d’iOS. Pendant ce temps, HTML 5, CSS 3 et jQuery faisaient leur trou, aidés par le succès de la plateforme mobile d’Apple
Quatre ans après, Adobe produit bien une version de Flash pour tablettes et smartphones mais qui n’a rien à voir avec la version “de bureau” tant en termes d’ergonomie que de performances. Échec !

Une ouverture pour les standards

Apple a finalement entraîné avec elle de nombreux acteurs du marché sur la voie du développement de solutions alternatives à Flash, sur le chemin d’un web “nouveau” : plus réfléchi, plus efficace et vraiment multi-plateformes.
Les diaporamas en Flash ont trouvé leurs maîtres en JavaScript, capables de s’adapter à tout appareil avec une dégradation progressive du fonctionnement et une lisibilité parfaite même sans activer JavaScript.
Les menus animés sont devenus lisibles par les moteurs de recherche, sans perdre de leur dynamisme, animés d’effets jQuery ou CSS.

Une conception pensée différemment

La conception sans Flash nécessite de se creuser un peu plus les méninges pour trouver une solution pratique et compatible.
Dans les faits, il suffit de ne plus penser à ce que l’on pourrait faire avec Flash et comment le reproduire avec les outils alternatifs mais directement imaginer à partir des librairies disponibles ce qu’il serait possible d’en faire.
Avec la mine d’informations disponibles sur jQuery et avec des projets comme Modernizr, la réflexion se transforme vite en fonctions et en animations réelles.

Un exemple de conception intelligente : la page de présentation de l’iPhone 4S décortiquée par John B. Hall. Je cherchais bien trop loin (et dans la mauvaise direction) comment les blocs avaient bien pu être animés pour arriver de cette manière.
Au final, la mise en œuvre démontre une grande maîtrise des techniques de transformation CSS pour arriver à quelque chose de tellement simple que je n’y aurai pass pensé au premier abord…

Flash à sa place

Flash perd du terrain, au profit des standards, de solutions légères et compatibles “sans limites” et c’est une bonne chose. La technologie d’Adobe retourne à ses premières amours, pour le plus grand bien du web.
Nous n’arrêterons pas de l’utiliser mais l’utiliserons comme nous aurions toujours dû le faire plutôt que de céder aux sirènes de la facilité.

Cela fait 4 ans qu’au sein de ladybug nous avons remplacé Flash à chaque fois qu’il était possible de le faire sans dégrader l’expérience utilisateur. Cela nous a créé de gros défis sur des projets où Flash, omniprésent au départ a définitivement disparu en quelques mois au bénéfice du référencement naturel et de l’ergonomie générale.

Aucun regret !